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Éditeur :L'archipel
Auteur : Judith Lennox
Langue : Français
Genre : romance historique
Date de parution :  19 juin 2013
Nombre de pages : 519 pages
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Synopsis

A la veille de la Première guerre mondiale, à Sheffield, les quatre sœurs MacLise songent à leur avenir.
La belle et orgueilleuse Iris attend une demande en mariage qui tarde à venir ; la passionnée et timide Marianne s’éprend d’un jeune homme d’affaires ; la vive Eva souhaite partir à Londres pour devenir artiste, tandis que Clémence, la benjamine, doit rester à la maison pour prendre soin de leur mère.
La guerre et ses tragédies vont séparer les quatre sœurs. Confrontées à des choix difficiles, elles doivent faire face à de nouvelles responsabilités, qui leur offrent petit à petit une indépendance dont elles n’imaginaient pas la saveur. Mais leurs destins ne ressemblent en rien à ce qu’elles avaient imaginé.
Se découvrant des ressources insoupçonnées, chacune lutte avec courage. Mais le silence de Marianne, qui a suivi son époux en Inde, devient inquiétant. Jusqu’à ce qu’une lettre leur parvienne, qui contient une pierre précieuse pour chaque sœur…Seront-elles un jour à nouveau rassemblées ?


D’après la quatrième de couverture on pense suivre uniquement le destin des quatre sœurs MacLise sur fond de la première guerre mondiale mais ce livre est beaucoup plus profond que ça, ce résumé traite surtout des 100 dernières pages du roman.

Lentement, avec beaucoup de pudeur et de douceur Judith Lennox nous narre l’histoire de la famille MacLise.

Marianne, jeune femme passionnée, rêve du prince charmant. Iris la plus belle des sœurs, aime que les jeunes gens lui fassent la cour, elle est elle aussi à la recherche de l’homme parfait, des prétendants elle en a mais son choix ne s’est pas encore arrêté. Eva, l’artiste de la famille, ne pense pas au mariage mais voudrait partir à Londres étudier dans une célèbre école d’art. Clémence, la plus douce, studieuse, elle n’est pas encore en âge de se marier et n’y pense pas vraiment.

Autour des filles MacLise il y a aussi les 3 frères : James, Aidan et Philip. James l’aîné est destiné à reprendre les rennes de l’industrie familiale, Aidan tout jeune qu’il est, pense à faire fortune, Philip le plus timoré des frères ne se plait pas à l’école privée. Le père, Josuah, est un riche métallier, il a monté petit à petit les échelons de la société, de parents pauvres il est à la tête d’une usine qui fonctionne très bien. La mère, Lilian, ne quitte plus le lit depuis la naissance de Philip 11 ans plus tôt.

La plus grande crainte des quatre sœurs c’est de devenir comme leur grand-tante Hannah, des vieilles filles et être obligées de rester près de leur mère malade, celle-ci en joue beaucoup, hypocondriaque et égoïste elle fait en sorte que ses filles soient le plus souvent à ses côtés en les culpabilisant sans cesse.

Au début du roman le souci majeur des filles MacLise c’est de quitter au plus vite ce foyer qui les étouffe. Elles partiront toutes pour diverses raisons sauf Clémence qui devra rester à Summerleigh.  

Il m’est très difficile de vous en révéler plus sur ce roman car même si Marianne est le principal fil conducteur, c’est bien l’histoire de toute la famille MacLise qui tient le lecteur en haleine. Je ne peux pas dire qu’il y a vraiment une intrigue à part celle de savoir si un jour les sœurs seront à nouveau réunies.

Avec sa plume délicate et envoutante Judith Lennox nous entraine à travers l’histoire des MacLise de 1908 à 1918. L’histoire avance doucement, les personnages prennent leur place au fil des pages, on fait peu à peu la connaissance des personnes que les membres de la famille rencontreront et qui changeront leurs destins : Gabriel Bellamy,  Arthur Leighton,  Lucas, Ash et Ivor entre autres.

Les quatre sœurs emprunteront toutes des chemins différents, devront surmonter des épreuves, les épreuves de la vie comme le deuil, les trahisons, l’amour et ses désillusions.

Tout en suivant leurs évolutions personnelles nous lisons aussi l’évolution sociale et économique en Angleterre, avec les suffragettes, l’industrialisation, les premières grèves ouvrières, la misère dans la banlieue de Withechapel et les conflits politiques qui mèneront à la guerre.

C’est un roman qui se savoure, l’évolution est lente, l’auteure nous décrit les lieux, les pensées, les situations dans le détail à tel point que le lecteur est complètement immergé dans cette atmosphère anglaise du début du 20ème siècle.

Elle s’attache à nous conter les mœurs de l’époque, l’apprentissage de la vie, parfois si cruelle, les tragédies sociales et humaines (le bonheur, les rêves de jeune fille réalisés ou brisés, les joies et les peines, l'amour familial qui peut devenir oppressant, les responsabilités qui incombent aux femmes, les révoltes ouvrières, la pauvreté et la richesse, les statuts sociaux, l'amour, la mort, les grossesses trop nombreuses qui laissent des mères désemparées, les soins infirmiers, les arts).

L'auteure construit des personnages complets, les descriptions emportent le lecteur au cœur du roman, on a l’impression de suivre les personnages, de vivre avec eux.

Les chapitres mettent en lumière tout à tour une des sœurs, un événement triste ou heureux, une situation ou un lieu. On change de narrateur et de point de vue sans butter sur un passage, tout est parfaitement dosé et fluide. Ce n’est ni larmoyant ni violent, chaque sentiment ou rebondissement est en nuance.

Malgré les nombreuses descriptions je n’ai rencontré aucune longueur, j’ai aimé suivre les évolutions sentimentales et mentales de Marianne, Iris, Eva et Clémence. En 10 ans elles ont vieilli, les inquiétudes des jeunes filles en début de roman ne sont plus les mêmes que celles des femmes qu’elles sont devenues.

Un roman qui plaira aux amateurs de fresque familiale, qui séduira par la plume de l’auteure, pour ses personnages très réels, avec leurs qualités et leurs failles, et par cette ambiance propre à l’Angleterre.



Il m’a juste manqué un petit quelque chose à la fin pour que ce livre soit un coup de cœur, j’ai été emportée par le talent de conteuse de Judith Lennox, je ne manquerai pas de lire un de ses autres romans.



Je ne le conseillerais toutefois pas à un lecteur impatient qui a besoin d’action, c’est simplement la vie qui nous est racontée avec tout ce qu’elle a de plus beaux mais aussi d’affreux.




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