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Éditeur : Michel Lafon
Auteur : Jodi Picoult
Langue : Français
Genre : Contemporain
Date de parution :  12 septembre 2013
Nombre de pages : 475 pages
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coup de coeur du blog

Synopsis
Sage Singer est une solitaire. Elle dort le jour et travaille la nuit dans une boulangerie, où elle oublie les blessures de la vie en pétrissant le meilleur pain de la ville. Quand elle rencontre Josef Weber, un vieil homme insomniaque, Sage a enfin le sentiment d’avoir trouvé quelqu’un à qui se confier. Malgré leurs différences, chacun devine les cicatrices intimes de l’autre, et une amitié inattendue voit le jour.

Jusqu’au soir où Josef lui révèle le terrible secret qu’il cache depuis soixante ans et lui demande la plus incroyable des faveurs : le tuer. Confrontée à un choix moral impossible, Sage fouille dans l’histoire de sa famille pour tenter de résoudre son dilemme. Mais alors qu’elle plonge dans les horreurs de la Seconde Guerre mondiale à la recherche de la vérité, elle découvre que la frontière est parfois bien floue entre amour et trahison, justice et vengeance. Et elle devra répondre à la plus difficile des questions : certains actes sont-ils impardonnables ?
Quel roman que Pardonne-lui !

Sage Singer travaille de nuit dans la boulangerie de son amie Mary, chaque semaine elle se rend dans un groupe de soutien pour personnes ayant perdu un être cher, dans le cas de Sage il s’agit de sa mère qu’elle a perdue 3 ans plus tôt. Ce n’est pas la seule souffrance de la jeune femme; si elle travaille de nuit c’est pour rencontrer le moins de monde possible, elle a une cicatrice sur le visage, cette blessure elle la cache à tous, ses seuls amis sont : Mary ancienne sœur reconvertie en boulangère, Rocco son collègue et Adam son amant. Lors d’une réunion,  Sage fait la connaissance de Josef, vieil homme de 90 ans aimé de toute la ville. Une amitié s’installe entre eux, avec lui Sage arrive à communiquer, ces deux êtres solitaires se rapprochent et deviennent vite indispensables l’un à l’autre. Josef va alors lui demander d’accomplir un acte pour lui : le tuer pour le libérer. Sage veut comprendre pourquoi  il lui demande d’accomplir un tel acte,  pourquoi à elle ? Elle ne sait pas qu’en posant cette question c’est un tout un pan de l’histoire et de son passé qu’elle va déterrer, que son avenir changera radicalement.

Le livre est découpé en trois parties, on commence le roman avec quelques pages narrant l’histoire d’Ania et Emil son père, le boulanger. Ecrit en italique on ne comprend pas immédiatement qui sont ces 2 personnages, ce récit continue tout au long du livre ; une histoire dans une histoire, j’y reviendrai plus tard.

Vient ensuite la première partie où l’auteur nous présente les personnages : Sage, jeune femme brisée, portant des cicatrices visibles et invisibles, elle a mis en place une routine qui ne la rend, certes, pas heureuse mais qui lui permet de survivre. Josef, le vieux bonhomme,  aimé de tous, veuf, il vit seul avec son chien, il a lui aussi des stigmates invisibles qu’il traîne depuis plus de 60 ans. Mary et Rocco la patronne et l’employé de la boulangerie, Adam, Minka sa grand-mère, Léo un agent au service des Droits de l’homme et des Poursuites spéciales, sa mission poursuivre les responsables de génocides, marié à son travail au grand désespoir de sa mère.

L’auteure nous dresse toute une palette de personnages intéressants ; des personnages plus légers, doté d’humour, des personnages forts qu’on ne peut qu’aimer, même si pour certains les aimer est inimaginable, des personnages très réalistes que l’on peut croiser au détour d’un chemin. On suit leur évolution, leur observation, leur but, leur mission et on se prend à tourner les pages sans se rendre compte du temps qui passe, preuve, s’il en est, que ce livre est un très bon livre.

Sage en interrogeant Josef va apprendre quelque chose d'important.

 A partir d'une révélation, l’auteure place le lecteur du point de vue du tortionnaire, elle nous retrace son enfance, comment et pourquoi il est devenu cet homme détestable pour finir en vieil homme respectable et dévoué.

Dans la deuxième partie le lecteur est placé du point de vue de la victime à travers Minka la grand-mère de sage, déportée à Auschwitz, elle a caché cette partie de sa vie à sa famille, seule preuve de son passage le tatouage sur son bras. On la suit, jeune fille innocente qui va perdre toute humanité au gré des atrocités qu’elle verra ou subira.

La troisième partie c’est le dénouement de l’intrigue, quelle décision Sage va-t-elle prendre ? Les faits, pourtant passés, ont encore une incidence dans la vie actuelle, comment l’héroïne va-t-elle assumer le poids du passé ?

Grâce à cette alternance de point de vue, le lecteur est mis face à son propre questionnement : Serions nous prêt à pardonner l’impardonnable ? Est-ce que les SS ont-ils été tous mauvais et les Juifs tous bons ? Peut-on avoir une opinion aussi tranchée ?

Jodi Picoult traite d’un sujet dur, la déportation des juifs pendant la seconde guerre mondiale, les camps de concentration et toutes les atrocités qui y régnaient. Le lecteur est entrainé au cœur de l’intrigue et de la réflexion. La plume de l’auteure est envoutante, très réaliste, les faits on les lit mais on les vit nous aussi.

Que ce soit du côté de Josef ou de Minka, on accompagne la souffrance des protagonistes, on endure la violence de cette époque, on sent l’odeur et le malheur des ghettos, on tremble, on a peur, certains passages sont très durs, il est impossible de retenir ses larmes. Jodi Picoult n’écrit pourtant pas un mélodrame destiné à faire pleurer dans les chaumières mais presque un essai tant la réflexion est présente du début à la fin. Tout en nuance, jamais en force, graduellement le lecteur lit et se questionne, quelle est la différence entre justice et vengeance, entre pardon et pitié ?

L’auteure nous ménage grâce à ce récit qui ponctue le livre, je ne peux pas vous en dire plus car ce serait trop en dévoiler mais j’ai trouvé très intelligent de la part de Jodi Picoult de se servir de cette histoire pour que le lecteur puisse souffler, se poser. En début de livre c’est un peu perturbant, on ne comprend pas d’emblée de quoi il s’agit, cela pourrait peut-être rebuter certaines personnes car on sort complètement de l’intrigue principale pour en lire une autre, pour ma part cela ne m’a pas gêné. La lecture est limpide du début à la fin, moi qui n’aime pas les changements de narrateur ici j’ai adoré, me positionnant du côté de Sage, puis de Josef et enfin de Minka, Jodi Picoult m’a complètement immergée dans son roman. Des touches de légèreté, des moments forts en émotions, des sentiments travaillés avec énormément de justesse et de précision.

 L’auteure ne nous impose pas son point de vue, il n’est d’ailleurs pas détectable, non, c’est au lecteur de se positionner, lire l’inhumanité de l’être humain c’est une chose, la comprendre c’est une autre étape à franchir. Les avis sont ébranlés, j’ai aimé la façon d’aborder les points de vue du bourreau et de la victime, ni tout blanc ni tout noir, on comprend qu’on ne peut pas avoir d’opinion tranchée sans pousser la réflexion plus loin, que ce soit pour ce génocide ou tout autre fait d’actualité actuel.

Vous l’aurez compris c’est un roman à lire absolument, autant pour la fiction, que pour les réflexions qu’il entraine. Un roman sombre mais où règne force et espoir, un livre qui pousse au débat pour de nombreux points.

Un coup de cœur total pour Pardonne-lui

23/9/2013 20:51:24

J'ai adoré moi aussi ! C'est un livre que je n'oublierai pas de sitôt !

Réponse
23/9/2013 21:06:24

Un livre que j'ai apprécié mais qui n'est pas un coup de coeur parce que malgré les faits réels on reste aussi dans un roman. Je l'ai trop ressenti durant toute ma lecture.
La chronique est bien mais elle en dit trop et c'est dommage pour les futurs lecteurs.

Réponse
23/9/2013 22:33:21

J'ai remarqué ce livre il y a peu de temps et il était donc arrivé dans ma "wish-list". Ta chronique me donne vraiment l'envie d'y céder !

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